Émeraude - Encyclopédie

    Classe : Silicate
    Sous-classe : Cyclosilicate
    Système cristallin : Hexagonal
    Chimie : Be(Al, Cr3+, V3+)2 Si6O18

    Abondance : Rare

L'émeraude est une variété verte de béryl, colorée par le chrome ou le vanadium et c'est la seconde pierre précieuse en terme de valeur, juste derrière le diamant. Son nom vient du grec ancien "smaragdos", déformation du mot perse "zamarat" qui signifie "cœur de pierre". Elle servait déjà de monnaie d'échange dans l'Antiquité, elle était d'ailleurs largement exploitée en Égypte dans les mines de Cléopâtre (Djebel Zabarah) qui n'ont fourni que des cristaux pierreux. Le beryllium, le chrome et le vanadium sont des éléments chimiques peu courant, ce qui explique la grande rareté de l'émeraude dans la nature. Son milieu de formation est très différent de celui du béryl, on la rencontre dans des micashistes à biotite dans l'Oural, ou dans des roches calcaires hydrothermalisées en Colombie (où elle remplie parfois les cavités d'anciens fossiles de gastéropodes). Elle est toujours en relation avec des roches ultra-basiques qui fournissent le chrome et le vanadium. On peut souligner également sa présence très ponctuelle dans les pegmatites où sa qualité est toujours médiocre. Elle donne des cristaux hexagonaux le plus souvent prismatiques et allongés mais rarement terminés. C'est une variété minérale uniquement utilisée dans la bijouterie-joaillerie.

L'émeraude dans le Monde

Les plus beaux cristaux proviennent du secteur de Muzo, en Colombie. Ces gisements ont été exploités dès le XVIème siècle, les cristaux d'émeraude (jusqu'à 8 cm) sont présents dans des filons de calcite qui parcourent des calcaires bitumineux (photo ci-contre). Le second gisement d'intérêt mondial est celui d'Oural Central en Russie. Les cristaux sont de moins bonne qualité que les colombiens, cependant ils peuvent être beaucoup plus gros : de l'ordre de 40 cm ! D'autres bon spécimens proviennent du Zimbabwe (cristaux généralement de petites tailles) et du Brésil où les béryls verts au vanadium ne sont considérés  comme émeraudes que depuis les années 60. A noter également un gisement exploité récemment en Chine, c'est le secteur de Pingwu dans la province de Sichuan.

L'émeraude en France

En France l'émeraude n'est pas présente, les sites que l'on peut parfois rencontrer décrits dans les anciens livres sont liées à des erreurs d'identification, à noter que l'émeraude vraie peut-être aisément confondue avec d'autres variétés de béryls tel que l'aigue-marine qui peut prendre des teintes vertes pâles.

Les macles

Il n'existe pas de macle pour l'émeraude, tout comme pour le béryl d'ailleurs. Les spécimens appelés "trapiches" sont des variétés de cristaux montrant des caractéristiques de croissance à six rayons. Chaque face du prisme hexagonal de base est extrudée pour former une roue. Ces cristaux sont particulièrement recherchés par les collectionneurs et souvent très chers. Ils sont aussi façonnés pour intégrer des pièces de joaillerie.

Les faux et arnaques

Les arnaques autour de l'émeraude sont nombreuses. La plus commune et qui concerne 95% des émeraudes taillées est le huilage (données du GIA). Très souvent fracturés, les cristaux sont placés sous vide, et les plans de fractures sont injectés d'huile, parfois colorée, ceci dans le but d'améliorer la transparence et la couleur des pierres et de masquer une fragilité. Cette pratique est aussi bien réalisée sur des pierres taillées que sur des cristaux bruts. C'est pour cela qu'il est déconseillé de nettoyer des émeraudes au bac à ultrasons qui risquerait de faire voler la pierre en éclats... Avec le temps, le fait d'être porté et la lumière l'huile jaunit et s'échappe des fractures, pouvant ruiner totalement l'aspect du spécimen. Il suffit de parcourir les bijouteries pour constater que ce traitement n'est quasiment jamais spécifié...

Il faut savoir également que les émeraudes sont aujourd'hui synthétisées en laboratoire, bien que des inclusions soient caractéristiques, il est parfois très difficiles de faire la différence entre une émeraude naturelle et une émeraude synthétique, d'ailleurs certains moyen d'authentification repose sur des analyses isotopique de l'oxygène contenu dans la structure du minéral... Des spécimens d'émeraude synthétique se retrouvent sur le marché du minéral aujourd'hui, tel les émeraudes dites "Chatham" (photo ci-contre). Ce spécimen a été vendu comme "émeraude Chatham non huilée" sur eBay à plus de 800€ et sans que la mention "synthétique" n'apparaisse nulle part...

Enfin, dernière arnaque répertoriée c'est la vente de matériaux tel que des verres ou des plastiques pour de l'émeraude, taillée ou brute encore une fois...



Dureté : 7,5 à 8
Densité : 2,7 à 2,9
Cassure : Conchoïdale
Trace : Blanche




TP : Transparent à translucide
IR : 1,560 à 1,602
Biréfringence :  0,006 à 0,009
Caractère optique : Uniaxe -
Pléochroïsme : Très faible
Fluorescence : Aucune


Solubilité : Acide fluohydrique, soude, potasse

Magnétisme : Aucun
Radioactivité : Aucune