Olivine - Encyclopédie

    Classe : Silicate
    Sous-classe : Nésosilicate
    Système cristallin : Orthorhombique
    Chimie : X2SiO4
    Abondance : Fréquent à très fréquent


Le terme d'olivine désigne un groupe de minéraux de formule générale X2SiO4, où X représente Ca, Fe, Mg ou Mn, ce qui donne naissance à plusieurs séries ou solutions solides continues ; la plus répandue étant la série ferromagnésienne forstérite (Mg) - fayalite (Fe). La forstérite de qualité gemme est également appelée péridot. L'olivine doit son nom à sa couleur vert olive. L'olivine est constitutive de la plupart des roches ultra-basiques (péridotites) et des composants accessoires communs des roches magmatiques basiques (basaltes et gabbros). Soumis aux pressions considérables régnant dans le manteau terrestre, la structure de l'olivine change et adopte une structure de type spinelle plus dense. Cette stabilité de l'olivine ajoutée à sa présence dans de très nombreuses météorites suggère qu'elle est le minéral dominant du manteau et donc probablement le minéral terrestre le plus abondant ! Plus rarement l'olivine est un minéral issu du métamorphisme thermique de certains calcaires dolomitiques, dans ce cas elle est toujours magnésienne. Le groupe des olivines ne se restreint cependant pas à la seule solution solide Fe-Mg. D'autres cations peuvent intégrer la structure :

Série ferromagnésienne Forstérite-Fayalite :

(90 à 100% de Mg et 0 à 10% de Fe) : forstérite
(70 à 90% de Mg et 10 à 30% de Fe) : chrysolite
(50 à 70% de Mg et 30 à 50% de Fe) : hyalosidérite
(30 à 50% de Mg et 50 à 70% de Fe) : hortonolite
(10 à 30% de Mg et 70 à 90% de Fe) : ferrohortonolite
(0 à 10% de Mg et 90 à 100% de Fe) : fayalite

Autres cations :

- téphroïte (Mn2SiO4)
- larnite (Ca2SiO4)
- monticellite (CaMgSiO4)
- kirchsteinite (CaFeSiO4)
- picrotéphroïte (MnMgSiO4)
- knébélite (MnFeSiO4)
- liebenbergite (NiMg
SiO4)

Les cristaux sont fréquemment aplatis, allongés aux faces nettes et terminaisons octaèdriques, parfois centimétriques. L'olivine se présente aussi souvent sous forme massives ou en grains à la surface arrondie, disséminés ou agglomérés dans la roche (cumulats des dunites). Sa couleur est le plus couramment jaune verdâtre à vert olive relativement clair (forstérite), plus rarement brun-vert à gris brunâtre (fayalite). Sous l'action de l'eau et du CO2 atmosphérique ou des fluides hydrothermaux, l'olivine s'altère facilement à faible température en minéraux du groupe de la serpentine. C'est un minéral important pour la joaillerie, il constitue une gemme verte abordable et facilement utilisable pour les bijoux d'entrée de gamme grâce notamment à une dureté honorable. L'olivine est parfois utilisée comme matière première des briques réfractaires mais cette utilisation reste anecdotique. Par contre la forstérite est à l'origine de concentrations notables de talc et magnésite qui résultent de son altération.

Péridot gemme terminé de Soppat, Manshera, Pakistan
Péridot de 2,29 ct de Soppat, Pakistan
Inclusions en nénuphars des péridots d'origine volcanique
Enclaves de péridotite (roche du manteau) dans lave basaltique

L'olivine dans le Monde

Les meilleurs cristaux d'olivine sont les forstérites gemmes de l'Île de Zebirget (ou Île St-John) dans la Mer Rouge égyptienne, où ils peuvent atteindre 10 cm ! Mais de nombreux cristaux de qualité proches sont connus au Pakistan (Soppat) et dans les alluvions gemmifères du Sri Lanka. Il faut également mentionner les magnifiques cristaux gemmes jaune-vert dépassant les 2 kg de Jacupiranga (Sao Paulo, Brésil) et ceux extraits des laves du Niragongo en République Démocratique du Congo. Hors des cristaux gemmes, la forstérite a produit des cristaux dépassant les 30 cm à Oka et Notre-Dame-du-Laus (Québec, Canada) et des cristaux de 10 cm dans le massif de Kovdor, en Carélie Russe. Des cristaux moins impressionnants sont connus dans l'Oural, en Norvège (Snarum) et à Kyavkpon (Myanmar) où ils atteignent les 5 cm dans des serpentines altérés.

L'olivine en France

En France, la forstérite est commune en cristaux centimétriques dans de nombreux basaltes du Massif Central (Suc d'Eyme, Grand Champagnac, etc...). Des nodules décimétriques de péridotite d'un très beau vert sont connus en abondance dans les basaltes de Sauterre (Puy-de-Dôme) et dans les projections du Mont Brianon, près de Langeac (Haute-Loire).

Les macles et spécificités

Macle rare de plan {011} avec les axes des cristaux à 60°47' ou {012} avec les axes des cristaux à 30°, par interpénétration ou multiple ; également mentionnée sur {100}.

Les faux et traitements

Le péridot est l'une des rares gemmes jamais traitées car à ce jour aucune amélioration connue n'est possible. Les inclusions en nénuphars caractéristiques des péridots d'origine volcanique sont naturelles (expansion et explosions d'inclusions de CO2 lors de la remontée vers la surface du péridot dans le magma, on parle de décrépitation) ceci n'est pas lié à un traitement thermique. L'olivine peut-être imitée par le verre, donc prudence avec les grosses pierres taillées. C'est un minéral disposant d'une biréfringence forte, sur les gemmes un doubling important est facilement observable à la loupe (dédoublement des facettes lorsque la pierre est observée par transparence comme sur la photo de droite).

Il faut également souligner que les forstérites synthétiques sont produites, elles sont fabriquées en laboratoire par les russes depuis 1999. Cependant les cristaux synthétiques qui sont taillés pour la joaillerie sont bleu-violet, couleur qui n'existe pas pour cette espèce dans la nature... cette synthèse vise en réalité à imiter la tanzanite...



Dureté : 6,5 à 7
Densité : 3,2 à 3,6
Cassure : Conchoïdale 
Trace : Blanche




TP : Transparent à translucide
IR : 1,630 à 1,690
Biréfringence :  0,040
Caractère optique : Biaxe +
Pléochroïsme : Faible
Fluorescence : Parfois bleue


Solubilité : Acide chlorhydrique

Magnétisme : Paramagnétique
Radioactivité : Aucune